Un prix qui tient vaut plus qu'une vente
Imagine la scène. Un collector voit une toile chez ton galeriste à 1 800 €. Trois mois plus tard, il passe à l'atelier, croise une pièce de format voisin, demande le prix. Tu hésites, tu baisses un peu, tu donnes 1 200. Il achète sur place. Tout le monde rentre content, jusqu'à ce que le galeriste comprenne.
Le problème n'est pas les 600 € payés en moins. C'est que ton prix s'est révélé négociable, pour ce collector, pour le galeriste, et pour les deux personnes à qui ils en parleront. Un prix qui bouge selon l'interlocuteur se lit comme de l'incertitude sur la valeur du travail, et l'incertitude, dans le marché de l'art, ferme les portes en silence.
Avoir un prix qui tient partout n'est pas une question de discipline morale. C'est la condition pour que le marché fonctionne autour de toi.